L’écologie, bouc émissaire de la hausse des carburants ?

L’écologie, bouc émissaire de la hausse des carburants ?

La réponse vous parait certainement évidente mais nous allons décortiquer la composante du prix des carburants et la part de responsabilité des véhicules à combustion dans les émissions à effet de serre pour valider cette idée.

Il est souvent fait écho dans les médias de la taxation (au travers de la TICPE) des carburants à hauteur de 60%. Cette affirmation est vraie si l’on prend le nombre 100 pour base de calcul, nous retrouvons donc pour 40% le prix du baril + raffinage/distribution et les 60% restant en taxe.
Dans les faits, un litre de gazole détaxé coûte 65 centimes. Le prix moyen à la pompe cette semaine était de 1,52 euros le litre, concrètement, le litre de gazole est donc taxé à 140%.
Lorsque vous faites un plein de 50 litres, vous dépensez 75 euros :
– 32 euros pour l’achat du combustible
– 43 euros reversés à l’État !

N’oublions pas de rappeler que la TVA est calculée sur l’assiette du carburant raffiné et les accises, autrement dit, la TVA est calculée sur le carburant déjà taxé par les accises ! Nous payons donc une taxe sur une autre taxe.

Concernant les émissions à effet de serre, le transport routier – comprenant aussi bien le transport de personnes mais surtout le transport de marchandises – représente en France 25% de ces émissions. Ramenées à l’échelle mondiale, ces émissions représentent 0.2%.
Rappelons que le transport aérien et maritime (les 15 plus gros navires-cargos du monde polluent autant que l’ensemble des 760 millions d’automobiles de la planète) représente une pollution bien plus importante que le transport routier mais est pourtant bien moins taxé.

Au regard de ces informations, il n’est pas étonnant de voir les français révoltés et se mobiliser en voulant paralyser les routes du pays le 17 novembre, vous avez tous pu constater sur les réseaux sociaux ces appels au blocage.
Le plus éloquent reste la réaction de la CGT qui dénonce “instrumentalisation de l’exaspération” des automobilistes.”L’appel lancé un samedi, sans réelle ambition de bloquer l’économie, s’appuie sur une colère légitime mais dont les ressorts sont obscurs, et les solutions préconisées pour sortir de cet engrenage sur le long terme demeurent floues, voire dangereuses pour le monde du travail.” Vous l’avez compris, beaucoup de charabias pour ne rien dire. Est-ce le fait que cette organisation syndicale n’est pas l’initiatrice de cette mobilisation citoyenne qui l’oblige à dénigrer ce mouvement ? Nous le saurons très rapidement.