Le féminisme de gauche : entre renoncements et dérives idéologiques

Le féminisme de gauche : entre renoncements et dérives idéologiques

Lundi 15 avril 2019 : A l’occasion d’un entretien avec Le Parisien Emmanuel Grégoire, premier adjoint d’Anne Hidalgo à la mairie de Paris annonce la volonté de cette dernière de recruter des agents supplémentaires afin de « faciliter la circulation des femmes » dans la capitale.

Cette annonce est l’illustration parfaite que depuis des années, les partis politiques de gauche trahissent la cause des femmes en faisant passer l’idéologie et la démagogie avant leur sécurité et leur bien-être. Pourtant, cette même gauche a réussi à faire intégrer dans les esprits qu’elle était la seule légitime pour aborder les sujets relatifs au féminisme, comme si les partis politiques de droite n’étaient pas capables de défendre la cause des femmes.

Si on s’aventure à dresser un bilan des combats menés par ces féministes « nouvelle génération », on a rapidement le sentiment d’un immense gâchis.
En effet, leurs actions se résument à l’écriture inclusive, la GPA ou encore au fait de féminiser la langue française. Plus grave, elles ont pris l’habitude de garder le silence face à la montée du
communautarisme. Le militantisme de terrain a laissé place à la victimisation permanente rendant certainement plus d’une femme nostalgique de la vision du féminisme de Simone de Beauvoir qui disait très justement : « La femme n’est victime d’aucune mystérieuse fatalité, il ne faut pas conclure que ses ovaires la condamne à vivre éternellement à genoux ».

On aurait pu légitimement penser que les choses aller enfin bouger avec l’arrivée de Marlène Schiappa au ministère de l’égalité entre les hommes et les femmes et avec le fait que l’égalité homme/femme soit érigée grande cause du quinquennat d’Emmanuel Macron.
Malheureusement, deux ans plus tard rien n’a bougé : la loi Schiappa entrée en vigueur courant 2018 a totalement été vidée de sa substance et aucune des mesures figurant dans cette loi ne permet aujourd’hui aux femmes de sentir plus à l’aise dans l’espace public. Là encore, les agissements concrets ont laissé place à la communication, notamment avec la création de l’amende pour « outrage sexiste », quasiment inapplicable dans les faits.

En tant que jeune femme, je me sens tout simplement trahie par cette génération de féministes qui défendent davantage une idéologie que la cause des femmes. Il est aujourd’hui urgent de dénoncer avec force l’explosion des agressions sexuelles le harcèlement de rue et les violences conjugales dont sont victimes des milliers de femmes. On dit que « la sécurité est la première des libertés » : alors pourquoi les femmes n’y auraient pas droit ?

Il est aujourd’hui de notre responsabilité de s’insurger face à cette gauche qui saccage ce magnifique combat qu’est l’égalité homme femme. Nous devons nous opposer fermement à la GPA qui réduit les femmes à des machines à procréer et qui transformerait leur corps en usine à fabriquer des bébés. Il est indispensable que nous nous opposions à tout ce qui encourage le communautarisme et qui ne serait pas en adéquation avec nos valeurs car la liberté des femmes est bien plus sacrée que n’importe quel arrangement électoraliste. Enfin, il est indispensable de s’appuyer sur les hommes dans ce combat car oui j’ose croire qu’il peuvent être nos alliés et qu’on ne construira rien en opposant les femmes aux hommes.

Article écrit par Adeline Noirmain