Les problèmes de la réforme des retraites

Les problèmes de la réforme des retraites

45 jours que les Français subissent l’enlisement du conflit social lié à la réforme des retraites. 45 jours durant lesquels les Français réclament de savoir ce que contient cette fameuse réforme des retraites, entre rodomontades kafkaiennes du gouvernement et opposition démagogique de certains syndicats.

Le gouvernement ne cesse de s’enfermer dans ses contradictions, à la limite de la schizophrénie entres ses différents ministres. Les deux années de concertation menaient par le Haut-commissaire aux retraites, Jean-Paul Delevoye, n’auront donc pas permis de dessiner les contours d’un débat argumenté et serein. Que de temps perdu et d’énergie gâchée.

C’est aujourd’hui Edouard Philippe, après le bref passage au gouvernement de Jean-Paul Delevoye, qui, droit dans ses bottes, assume les renoncements l’un après l’autre.

L’universalité du régime de retraite, qui consistait à n’avoir plus qu’un et seul même régime pour tous, a été enterrée avec les régimes particuliers, octroyés aux policiers, gendarmes, professeurs, danseurs d’opéra, etc. Quant aux régimes spéciaux de la SNCF et de la RATP, avec des privilèges dignes d’un autre temps, ils ne seront supprimés qu’en 2047. Courage quand tu nous tiens !

L’instauration d’un régime par points, à rebours de la solidarité du régime par répartition hérité du Conseil National de la Résistance, ne cesse d’inquiéter les Français. Et toujours aucun simulateur de calcul de retraite à l’horizon ; quand c’est flou, c’est qu’il y a un loup !

Enfin, personne ne sait comment Emmanuel Macron compte financer cette réforme. L’âge pivot vient d’être retiré. L’incurie gestionnaire du gouvernement éclate encore une fois au grand jour. Il revient aux Républicains de dire qu’un pays avec une démographie au ralenti et une espérance de vie qui s’allonge, doit travailler plus longtemps comme tous les pays d’Europe le font ! D’ailleurs, seule notre famille politique a eu le courage de réformer et de pérenniser notre système de retraite. Comme nous l’avons fait dans le passé – en 1993, 2003 et en 2010 -, la vérité que l’on doit aux Français est d’assumer le report de l’âge de départ à la retraite.