La vraie-fausse victoire du plan de relance européen

La vraie-fausse victoire du plan de relance européen

Face à la crise économique qui se dresse devant nous aujourd’hui, le président de la République Emmanuel Macron se présente comme le sauveur de la situation et se réjouit d’un emprunt commun entre les 27 marquant alors un « accord historique ». C’est en réalité le sacrifice d’une Europe dont nous avions réellement besoin que le président a signé,entraînant une baisse de 40 milliards d’euros dans le budget réservé à la politique agricole et faisant passer le financement de la transition énergétique de 30 à 10 milliards d’euros.

En parallèle, alors que notre président explique aux français « tout mettre en œuvre » dans l’objectif de trouver un vaccin contre la COVID-19, la recherche européenne (Horizon Europe) reçoit une coupe budgétaire de 13 milliards d’euros, quand le programme de santé se voit réduit de 9.5 à 1 milliard d’euros.

Non seulement, cet accord historique des 27 souligne encore un peu plus l’amateurisme du président heureux d’une victoire à la Pyrrhus, mais il creuse encore davantage la dette que la jeune génération devra rembourser alors que personne ne sait encore comment la restituer. Ironique, alors même que cet emprunt a été contractée en leur nom, cachant ainsi un saut fédéraliste non consenti.

Un réel accord historique aurait consisté à préparer l’avenir en « réorientant en profondeur les politiques de l’Union européenne pour nous rendre plus forts, à adapter nos politiques de la concurrence pour reconstruire notre industrie ou à décider enfin d’une taxe carbone aux frontières du marché unique dont personne n’arrive à définir l’effectivité au lieu de repousser encore ce débat. Cela seul permettrait une vraie relance européenne et c’est à cela que notre Parlement doit s’atteler aujourd’hui. » – François-Xavier Bellamy, député européen